L’élixir d’amour.

img_9419.jpgExquise soirée en compagnie du mélodrame de G.Donizetti. C’est drôle, pétillant, enlevé, une mise en scène attrayante et des costumes adéquats de Laurent Pelly qui collent à l’histoire, une direction musicale dynamique, des chanteurs énergiques et joyeux font de cette soirée enlevée un vrai divertissement. A ne pas manquer l‘Opéra Bastille les 4, 7, 10, 13, 16, 22 et 25 novembre.

 

Allée Denise Vernay

Denise jeune n°3

Paris mercredi 10 octobre 2018

Madame Vieu-Charrier

Monsieur Le Maire

Mesdames, Messieurs, Famille et Amis

 

Nous sommes aujourd’hui réunis pour inaugurer cette allée du jardin du Luxembourg du nom de Denise Vernay, ma mère, née Jacob, plus connue sous son surnom de MIARKA, hérité des scouts qui deviendra son nom de résistance, il révèle l’engagement précoce de cette jeune fille.

En 1940, la France est envahie par L’armée allemande. A cette période, Denise vit à Nice au sein d’une famille laïque juive les Jacob, Denise est la seconde de quatre enfants. Elle fut très proche de sa sœur aînée Milou, de Jean son frère et de sa petite sœur Simone,

Encore au lycée, elle écoutera la BBC et les appels du Général de Gaulle à la résistance.

A 16 ans, elle distribue des tracts au lycée.
Son premier engagement, elle apportera son soutien à une association d’aide aux juifs.

 

En novembre 1942, suite au débarquement américain en Algérie, les Nazis envahissent la zone libre où les juifs commencent à être arrêtés, emprisonnés et déportés.

A l’été 1943, depuis son camp scout, elle cherche à entrer en contact avec la Résistance, en renonçant à ses projets d’être institutrice. Par une amie cheftaine, elle peut rencontrer un responsable du mouvement franc-tireur et partisans (f.J.P.) et s’y engage en tant qu’agent de liaison. Le 17 mars 1944, elle retrouve sa famille, à Nice, pour l’anniversaire de Milou. Elle ne sait pas qu’elle voit ses parents et son petit frère Jean, pour la dernière fois.

Elle part pour Annecy où elle sera chargée par son groupe F.T.P. de transporter des émetteurs radios et des armes made in England à un autre maquis à Aix-les-Bains. Arrêtée lors d’un contrôle elle est livrée à la gestapo à Lyon, torturée par Barbie qui ne lui arrachera pas un mot. Elle fût alors transférée à la prison à Romainville, puis déportée au camp de Ravensbrück situé en Allemagne, cent kilomètres au nord de Berlin.

 

L’amitié et la camaraderie qui l’uniront à Anise Postel-Vinay, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Mila Racine et tant d’autres déportées aujourd’hui disparues, l’aidèrent non seulement à survivre, mais également à conserver, autant que faire se pouvait, son humanité, humanité mise à rudes épreuves par le système concentrationnaire.

Le retour de déportation s’avère être une nouvelle épreuve pour Denise. Ses parents et son frère morts assassinés, tandis qu’elle ne retrouve que Milou et Simone, rescapées d’Auschwitz.

 

Malgré cette insondable douleur, la vie reprend son cours. Les trois sœurs se marient, les enfants naissent, la famille s’agrandit

Fidèle à elle-même, Denise devient assistante bénévole auprès d’un juge chargée de suivre des jeunes en situation difficile.

 

En 1952, une nouvelle épreuve des plus douloureuses marque la vie de Denise, sa sœur Milou et Luc son petit garçon meurent dans un accident d’automobile.

Lorsque ses 3 enfants, moi-même, mon frère jumeau et mon mon petit frère eurent passé tous l’âge de raison maman devient l’assistante de son amie Germaine Tillion et ce, jusqu’à la mort de celle-ci, en 2008 à 101 ans. Sous son égide, elle reprend des études universitaires jsuqu’à présenter 2 thèses pour finalement rejoindre le CNRS. La première traite des échanges entre des femmes harkis et la Manufacture des Gobelins sur leur façon de tisser des tapis, la seconde traite des couleurs dans les Mille et une nuits.

En plus de ses activités universitaires, et tout en élevant ses 3 enfants, Denise soutient beaucoup pour son mari Alain Vernay journaliste, notamment en faisant salon au domicile familial. Elle continuera d’aider des jeunes et moins jeunes en difficultés. Très active auprès de ses camarades au sein de l’Association des Anciennes Déportées et Internées de la Résistance, l’ADIR. Elle sera toujours présente pour ses amis et sa famille.

En 1967, Denise et ses camarades écriront un livre de témoignages ‘Des Françaises à Ravensbrück’ qui sera édité chez Gallimard. Puis en 2003, Maman rédigera un livre à compte d’auteur : ‘Une partie de moi-même’ sur sa résistance et un autre, pour sa famille, sur la famille JACOB, livret finalisé avec brio par mon frère Laurent sans qui l’ouvrage ne serait certainement pas sorti.

Denise travailla également pendant une dizaine d’année assistée d’une vingtaine de militaires et d’étudiants pour réaliser un DVD sur chaque camp de déportation et leurs spécificités en Europe.

Désignée par le Président Chirac qui en fait une des neufs sages du Palais-Royal à siéger au Conseil Constitutionnel, Maman assurera le contrôle en constitutionnalité des lois déférées Conseil pendant ces neuf années de mandat

Et j’en oublie. Et j’en passe.

Comment dessiner un portrait juste et exhaustif de Denise, dite Miarka, de maman. En interrogeant ses amis et ses proches, voilà ce qu’il nous est donné à entendre :

Solaire, lumineuse, chaleureuse, tolérante, généreuse, fiable, fidèle, intraitable, juste, humble, modeste sans même évoquer son inaltérable beauté dont ni les épreuves, ni le temps ne réussiront jamais en ternir l’éclat.

Miarka restera pour moi, une mère, une femme exemplaire, sur laquelle je me suis toujours appuyée. Pas un jour ne passe sans que son absence de se ressente terriblement. Elle me manque au quotidien.

Ainsi je pourrai donc désormais me rapprocher d’elle, à marcher dans sas pas, en cette allée du beau jardin du Luxembourg, jardin qu’elle contempla depuis ses fenêtres jusqu’à ses dernières heures.

Je remercie ainsi chaleureusement la Ville de Paris et tout particulièrement Christophe Goasglas et la Mairie du VI e arrondissement. Et je vous remercie vous, famille, amis camarades pour votre présence en ce jour heureux .

La flûte enchantée.

Désenchantée pour les malheureux spectateurs de La Monnaie à Bruxelles ! La mise en scène exécrable de Romeo Castellucci transforme la musique en fond sonore. Exit les récitatifs de l’auteur Schikandeder, qui rend l’opéra incompréhensible pour ceux qui le verraient la première fois. Une première partie rococo toute blanche. Ce metteur

en scène doit avoir un problème, entre autre, avec les nombres impairs au lieu d’un chanteur (deux) un chante l’autre mime ! 4 dames, 4 enfants au lieu de 3… La seconde partie est pire. Pourquoi faire venir des aveugles et des grands blessés pour expliquer leurs souffrances en anglais, et lieu et place de la musique. Tous sont fagotés d’une combinaison écrue hideuse; on ne sait pas qui est qui, à tel point qu’il y a des initiales au dos pour indiquer qui chante. C’est indécent et vulgaire. On se croirait dans une émission de télé réalité. A éviter, si vous le pouvez encore.

Les Huguenots.

img_8282.jpgBelle et intelligente mise en scène (Andreas Kriegenburg), des décors légers et poétiques servant  aussi bien aux amours des uns qu’aux guerres de religion de tous (Harald B.Taylor), costumes ravissants et seyants intemporels aux couleurs allant du prune au magenta en passant par tous les tons pourpres (Tanja Hofmann), direction musicale impeccable (Michele Marlotti),  Les Huguenots sont une réussite. Cela fait du bien de voir/d’entendre un opéra aussi long sans une once d’ennui. Si vous pouvez y aller c’est à l’Opéra Bastille jusqu’au 24 octobre.

Le trouvère

Entre l’ombre et la lumière; l’ocre, le brun et l’or; des lumières tamisées ou rasantes, l’astucieuse mise en scène est admirable. Des coffres rectangulaires apparaissent, s’effacent, s’enfoncent, s’élèvent au grée de la scénographie. Tous les chanteurs ont des voix époustouflantes, soirée sublime de beauté. La dernière représentation est ce soir à l‘Opéra Bastille, vous aurez des chances de trouver des billets de dernière minute, c’est le 14 juillet. Merci Claude.

Boris Godounov.

boris-godounov.jpgSobre mise en scène mettant en valeur d’excellents chanteurs aux voix magnifiques, Boris Godounov de Modeste Petrovitch Moussorgski est là pour nous rappeler que le pouvoir politique évolue peu. Il reste une représentation jeudi 12 à l’Opéra Bastille pour trouver des places en dernière minute.

Estivales de Musique en Médoc.

img_7313.jpgLe sémillant directeur Jacques Hubert nous confie en ce XV ème anniversaire du festival à découvrir de nouveaux jeunes talents dans des châteaux prestigieux.                 Ouverture de la saison avec le quatuor AKILONE créé en 2011 par de jeunes musiciennes (violons, alto, violoncelle) qui se sont rencontrées au cours de leurs études Conservatoire. Leur premier Grand Prix du 8ème concours International de Quatuor à Cordes de Bordeaux en 2016 lance leur carrière. Le beau Château d’Agassac- Ludon Médoc – les accueille.

C’est dans l’Eglise de Saint-Estèphe que se déroula le concert atypique de trois violoncellistes virtuoses  : Aurélien Pascal, Bruno Philippe et Alexis Descharmes. 

L’époustouflant jeune pianiste de 21 ans Alexandre Kantorow nous a ensorcelé en interprétant la Danse Macabre de Camille Saint-Saens. Ses doigts volaient sur les notes et nous avec. Un grand moment dans le magnifique chais rond du château de Lafite-Rothschild à Pauillac. L’enchantement s’est poursuivi avec la dégustation de leur cru 2015.

Les p’tites MICHU.

michu.jpgCela faisait longtemps que je n’avais pas ri de bon coeur devant les aventures et déboires de ces ravissantes soeurs ! Elles sont charmantes, pétillantes, irrésistibles, brillantes chanteuses et comédiennes entourées d’une troupe d’égale qualité et d’un orchestre enlevé sous l’énergique baguette du chef Pierre Dumoussaud. Cette opérette ‘Les p’tites michu’  d’André Messager n’est à l’affiche que jusqu’au 29 juin au théâtre de l‘Athénée- Louis Jouvet (réservations au 0153051919). Il reste quelques places pour vous divertir avec la compagnie Les Brigands toujours excellente, mise en scène divertissante, vous ne ferez pas la soirée passée. Je ne peux les citer tous mais retenez les noms d’Anne-Aurore Cochet et Violette Pochi entourées de leurs parents Marie Lenormand et Philippe Estèphe. Passer une soirée d’une franche gaieté, il suffit d’appeler le théâtre.