Table top Shakespeare. Tout Shakespeare sur une table de cuisine.

img_8997.jpgCela va vous surprendre, je suis presque à court d’adjectifs élogieux pour définir ce cycle Shakespeare qui se termine aujourd’hui au Théâtre de la Ville – Pierre Cardin. Commencé le 11 octobre, les chanceux qui ont réservé des places suffisamment tôt, on peut découvrir les tragédies et comédies conçues et crées par Forced Entertainment. Six acteurs ont pris chacun 6 pièces de l’auteur. Ils ont choisis pour représenter leurs personnages des objets du quotidien.  La magie opère, c’est passionnant de s’attacher à un des ces objets. Une diction impeccable, un anglais facile, un résumé des intrigues rendent à ces pièces d’une heure un côté féerique. C’est surprenant et ludique. Une table, une chaise, des objets et des comédiens excellents, cela suffit à produire du grand théâtre.

Allée Denise Vernay

Denise jeune n°3

Paris mercredi 10 octobre 2018

Madame Vieu-Charrier

Monsieur Le Maire

Mesdames, Messieurs, Famille et Amis

 

Nous sommes aujourd’hui réunis pour inaugurer cette allée du jardin du Luxembourg du nom de Denise Vernay, ma mère, née Jacob, plus connue sous son surnom de MIARKA, hérité des scouts qui deviendra son nom de résistance, il révèle l’engagement précoce de cette jeune fille.

En 1940, la France est envahie par L’armée allemande. A cette période, Denise vit à Nice au sein d’une famille laïque juive les Jacob, Denise est la seconde de quatre enfants. Elle fut très proche de sa sœur aînée Milou, de Jean son frère et de sa petite sœur Simone,

Encore au lycée, elle écoutera la BBC et les appels du Général de Gaulle à la résistance.

A 16 ans, elle distribue des tracts au lycée.
Son premier engagement, elle apportera son soutien à une association d’aide aux juifs.

 

En novembre 1942, suite au débarquement américain en Algérie, les Nazis envahissent la zone libre où les juifs commencent à être arrêtés, emprisonnés et déportés.

A l’été 1943, depuis son camp scout, elle cherche à entrer en contact avec la Résistance, en renonçant à ses projets d’être institutrice. Par une amie cheftaine, elle peut rencontrer un responsable du mouvement franc-tireur et partisans (f.J.P.) et s’y engage en tant qu’agent de liaison. Le 17 mars 1944, elle retrouve sa famille, à Nice, pour l’anniversaire de Milou. Elle ne sait pas qu’elle voit ses parents et son petit frère Jean, pour la dernière fois.

Elle part pour Annecy où elle sera chargée par son groupe F.T.P. de transporter des émetteurs radios et des armes made in England à un autre maquis à Aix-les-Bains. Arrêtée lors d’un contrôle elle est livrée à la gestapo à Lyon, torturée par Barbie qui ne lui arrachera pas un mot. Elle fût alors transférée à la prison à Romainville, puis déportée au camp de Ravensbrück situé en Allemagne, cent kilomètres au nord de Berlin.

 

L’amitié et la camaraderie qui l’uniront à Anise Postel-Vinay, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Mila Racine et tant d’autres déportées aujourd’hui disparues, l’aidèrent non seulement à survivre, mais également à conserver, autant que faire se pouvait, son humanité, humanité mise à rudes épreuves par le système concentrationnaire.

Le retour de déportation s’avère être une nouvelle épreuve pour Denise. Ses parents et son frère morts assassinés, tandis qu’elle ne retrouve que Milou et Simone, rescapées d’Auschwitz.

 

Malgré cette insondable douleur, la vie reprend son cours. Les trois sœurs se marient, les enfants naissent, la famille s’agrandit

Fidèle à elle-même, Denise devient assistante bénévole auprès d’un juge chargée de suivre des jeunes en situation difficile.

 

En 1952, une nouvelle épreuve des plus douloureuses marque la vie de Denise, sa sœur Milou et Luc son petit garçon meurent dans un accident d’automobile.

Lorsque ses 3 enfants, moi-même, mon frère jumeau et mon mon petit frère eurent passé tous l’âge de raison maman devient l’assistante de son amie Germaine Tillion et ce, jusqu’à la mort de celle-ci, en 2008 à 101 ans. Sous son égide, elle reprend des études universitaires jsuqu’à présenter 2 thèses pour finalement rejoindre le CNRS. La première traite des échanges entre des femmes harkis et la Manufacture des Gobelins sur leur façon de tisser des tapis, la seconde traite des couleurs dans les Mille et une nuits.

En plus de ses activités universitaires, et tout en élevant ses 3 enfants, Denise soutient beaucoup pour son mari Alain Vernay journaliste, notamment en faisant salon au domicile familial. Elle continuera d’aider des jeunes et moins jeunes en difficultés. Très active auprès de ses camarades au sein de l’Association des Anciennes Déportées et Internées de la Résistance, l’ADIR. Elle sera toujours présente pour ses amis et sa famille.

En 1967, Denise et ses camarades écriront un livre de témoignages ‘Des Françaises à Ravensbrück’ qui sera édité chez Gallimard. Puis en 2003, Maman rédigera un livre à compte d’auteur : ‘Une partie de moi-même’ sur sa résistance et un autre, pour sa famille, sur la famille JACOB, livret finalisé avec brio par mon frère Laurent sans qui l’ouvrage ne serait certainement pas sorti.

Denise travailla également pendant une dizaine d’année assistée d’une vingtaine de militaires et d’étudiants pour réaliser un DVD sur chaque camp de déportation et leurs spécificités en Europe.

Désignée par le Président Chirac qui en fait une des neufs sages du Palais-Royal à siéger au Conseil Constitutionnel, Maman assurera le contrôle en constitutionnalité des lois déférées Conseil pendant ces neuf années de mandat

Et j’en oublie. Et j’en passe.

Comment dessiner un portrait juste et exhaustif de Denise, dite Miarka, de maman. En interrogeant ses amis et ses proches, voilà ce qu’il nous est donné à entendre :

Solaire, lumineuse, chaleureuse, tolérante, généreuse, fiable, fidèle, intraitable, juste, humble, modeste sans même évoquer son inaltérable beauté dont ni les épreuves, ni le temps ne réussiront jamais en ternir l’éclat.

Miarka restera pour moi, une mère, une femme exemplaire, sur laquelle je me suis toujours appuyée. Pas un jour ne passe sans que son absence de se ressente terriblement. Elle me manque au quotidien.

Ainsi je pourrai donc désormais me rapprocher d’elle, à marcher dans sas pas, en cette allée du beau jardin du Luxembourg, jardin qu’elle contempla depuis ses fenêtres jusqu’à ses dernières heures.

Je remercie ainsi chaleureusement la Ville de Paris et tout particulièrement Christophe Goasglas et la Mairie du VI e arrondissement. Et je vous remercie vous, famille, amis camarades pour votre présence en ce jour heureux .

SAND prénommée George.

george-sand.jpgFemme, mère et grand-mère, George Sand n’a pas été que le grand écrivain et la compagne de Musset et de Chopin. Pierrette Dupoyet nous invite à découvrir d’autres facettes de cette femme qui se voulait libre. Pierrette Dupoyet déploie tout son talent d’écrivain, d’interprétation et de la mise en scène pour la faire vivre pendant une heure passionnante. C’est au théâtre de la Contrescarpe les dimanches du 14, 21,28 octobre à 15 heures. A voir absolument.

GRAND-HORNU

Magistralement restauré, le Grand-Hornu est un site classé par l’Unesco.
C’est un témoignage du patrimoine industriel du XIX siècle, à quelques kilomètres de Mons et de Valenciennes, en Belgique. Ancien complexe minier, érigé par Henri de Gorge, il comprend des ateliers et bureaux de charbonnage ainsi quelques 450 maisons confortables pour les ouvriers. Aujourd’hui reconverti en musées et centre de recherche. Je passe sur l’exposition de 2 ou 3 bicyclettes dans d’immense salle pour m’attarder sur l’intéressante exposition « Halte à la croissance! ». Le gaspillage,  la surconsommation sont présentés avec des solutions de recyclage pour éveiller les consciences. A voir.

Mons.

Très intéressante exposition des oeuvres de Niki de Saint Phalle remarquablement bien présentées dans un musée contemporain qui lui sied bien. « Ici tout est possible » le titre de cette exposition est tiré d’une déclaration de l’artiste à propos de son futur parc de grandes sculptures. J’ai découvert ses premiers tableaux ainsi que beaucoup de dessins. Mons est une petite ville ex industrielle moche mais cela vaut le coup d’y aller pour voir ce musée moderne ainsi que la Collégiale Sainte-Waudru. Un guide bénévole vous accompagne pour vous faire découvrir les éléments baroques restant, un pendule de Foucault mais surtout le carrosse d’or sortant une fois par an pour une procession.